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White, José Silvestre
Williams, Julius P.

 

Traducteurs : Max Sebastien et Daniel Marciano

 

Livre d'or

William J. Zick, Webmaster, wzick@ameritech.net

 

 

 

 


« Dancing to a Black Man's Tune:
A Life of Scott Joplin »
Susan Curtis
University of Missouri Press (2004)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Scott Joplin Piano Rags
Joshua Rifkin, piano
Nonesuch 79159 (1990)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Scott Joplin's Treemonisha
Original Cast Recording
Polygram 435709 (1992)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Joplin: Easy Winners
Itzhak Perlman & André Previn
EMI Classics 47170 (1990)

 

 

 

Accueil -> Compositeurs -> Joplin, Scott

English

 
Scott Joplin  (c. 1867-1917)

Compositeur afro-américain et pianiste

« roi de Ragtime »


 


Table des Matières

  1 Jeunesse
  2 Pianiste du Midway
  3 Sedalia, Missouri
  4 Ragtime pour piano
  5 Tragédies
  6 Ouverture Treemonisha
  7 Redécouverte
  8 Ressources
 

 

 

 

 

Piano Rags
Roy Eaton, piano
Sony SBK 833 (1995)


1 Jeunesse
La date et le lieu de naissance exacts de Scott Joplin demeurent encore à ce jour inconnus, nous savons néanmoins qu'il est né en 1867 dans l'est du Texas. Son père était un ancien esclave affranchi qui travaillait la terre. Sa mère, née dans le Kentucky, était quant à elle née libre. Tous deux étaient des musiciens amateurs, Scott et ses cinq frères et sœurs grandirent dans une famille où la musique était à l'honneur, chez Les Joplin on chantait, jouait du banjo ainsi que du violon.

Quand les Joplin s'installèrent à Texarkana dans l'Arkansas, au milieu des années 1870, la vie citadine favorisa l'éclosion du talent musical du jeune Scott. En effet, sa mère était femme de ménage chez des Blancs qui avaient un piano sur lequel le jeune Scott s'exerçait. Le père de Scott, qui avait quitté le Texas et son métier d'agriculteur pour l'Arkansas, car son nouveau salaire en tant qu'ouvrier du rail était bien plus avantageux, offrit à son fils, dés qu'il le pût, un piano d'occasion.

A l'âge de onze ans, un musicien local de formation classique enseigna à Scott les fondements du solfège. Scott n'était encore qu'un adolescent quand il quitta le toit familial, on pense qu'ensuite, pour gagner sa vie, il joua du piano dans les bars et les bordels de villes comme Saint-Louis, Memphis, et Dallas.

2 Un pianiste digne du Midway

L'Africana Encyclopedia relate qu'en 1893 Scott se trouvait à Chicago lors de la tenue d'une exposition qui fut in universelle, bien qu'on ne l'ait pas qualifiée ainsi:
En 1893 Scott se fit probablement connaître comme un musicien de distinction lors de l'Exposition universelle de Chicago où on peut imaginer qu'il a joua près de la section Midway. Bien que les organisateurs Blancs aient toujours exclu les musiciens Noirs des programmes officiel des concerts, quelques pianistes Noirs étaient autorisés à charmer les foules de visiteurs à l'orée du parc.

Lors de cette exposition universelle, Joplin put assister aux concerts de confrères célèbres, c'est là qu'il rencontra aussi celui qui devait devenir son ami et partenaire musical : Otis Saunders. Pendant deux ans, ils formèrent avec deux autres musiciens, un quatuor musical qui se produisait en jouant des compositions de Scott Joplin lui même.
 
3 Sedalia, Missouri
C'est à Sedalia dans le Missouri que Joplin et Saunders trouvèrent un environnement favorable à l'expression des musiciens Afro-Américains qu'ils étaient. Ils s'y installèrent en 1894. C'est là-bas qu'ils se rendirent compte que les partitions des œuvres de Scott Joplin pouvaient trouver un public. L'Africana Encyclopedia précise que :
A Sedalia, Joplin épousa Belle Jones, composa des morceaux pour le Queen City Band, suivit des cours de compositions à l'Université Noire George R. Smith, et surtout, se mit à vendre sa musique.

Au début, Joplin essuya des revers, sa musique se vendait peu. Mais, un jour, il vendit la partition de Maple Leaf Rag à un homme d'affaire Blanc nommé John Stark. Ce morceau connut un succès immédiat, une première édition de 10000 exemplaire fit long feu. On 1909, on en était à plus d'un demi-million d'exemplaires vendus. Stark fit signer à Joplin un contrat, puis ils partirent s'installer à Saint-Louis dans le Missouri. Là-bas, Stark fit une promotion énergique de son client, il le surnomma même le « roi du ragtime ». D'autres succès suivirent : Peacherine Rag en 1901, et The Entertainer en 1902. Joplin tenta de s'imposer en tant que compositeur d'œuvres pour grand ensemble avec un ballet populaire, intitulé The Ragtime Dance en 1902 , et en 1903 avec un opéra, A Guest of Honor, mais ces œuvres furent peu jouées.

4 Ragtime pour piano
Quelques uns des plus célèbres morceaux de ragtime de Scott Joplin sont interprétés par le pianiste Roy Eaton sur le CD Piano Rags, Sony SBK 62 8333 (1995). Eaton écrit la chose suivante dans le texte d'accompagnement :
Ce'st le mot « joie » qui décrit le mieux le sentiment que l'auditeur ou l'interprète ressent à l'écoute de la musique de Joplin. Cette joie, néanmoins, est quelque peu paradoxale car ces morceaux furent composés par un homme dont la vie fut à bien des égards placée sous le sceau de la frustration et de la tragédie. Afro-Américain qui lutta pour une reconnaissance du ragtime comme forme artistique à part entière, Joplin fut doublement maudit. En tant qu'homme Noir, il vécut à une période où régnait un système qui non content de ne laisser aucun droit civique aux Noirs, s'acharnait également à dénigrer leurs créations artistiques.

Joplin, après la publication de Maple Leaf Rag en 1899, devint une des grandes figures de cette mode, et son nom devint une figure incontournable dans cette période d'engouement pour le ragtime. Il continuait son combat pour que le ragtime soit reconnu comme une forme d'art à part entière. Il composa même trois opéras, dont le plus connu, Treemonisha, passa quasi inaperçu de son vivant. En 1917, quand Joplin mourut de la syphilis, le nom de Joplin et le ragtime lui même étaient tombés dans l'oubli, la nouvelle mode du jazz les ayant détrônés.  Il fallut attendre cinquante ans pour que l'extraordinaire contribution de Scott Joplin à la vie musicale américaine fût enfin reconnue : le morceau principal de la bande originale du film The Sting (1973 avec Robert Redford) n'était autre que l'œuvre de Scott Joplin intitulée The Entertainer.
 

5 Tragédies
Les inventions telles que celle du phonographe, ou du clavier entraînèrent une baisse de la demande de partitions dès 1906. Cependant, une tragédie bien plus personnelle frappa notre compositeur.  Le premier enfant de Joplin mourut en bas âge ; sa femme, Belle Joplin, mourut elle aussi peu de temps après. Scott Joplin quitta Saint Louis pour New York, où il publia un guide de ragtime pour le piano, School of Ragtime. L'année suivante il créa Wall Street Rag et Paragon Rag. En 1911, quand il publia Treemonisha, on disait déjà que l'œuvre comportait des morceaux parmi les plus aboutis de ceux jamais écrits par Scott Joplin. Un théâtre accepta de monter l'œuvre, mais les directeurs se finirent par se défausser.

Treemonisha ne fut jamais créée du vivant de son auteur. L'Africana Encyclopedia relate l'événement tragique ultime dans la vie du compositeur : en 1916, on avait diagnostiqué chez lui un cas de syphilis grave : atteint de démence il mourut en 1917, dans un hôpital psychiatrique.

Joplin, décédé le 1er avril 1917, laissait derrière lui une veuve : Lottie Stokes Joplin. Il nous laissait aussi une œuvre abondante et originale qui sombra des décennies durant dans l'oubli.

6 L'Ouverture de Treemonisha
L'Ouverture de Treemonisha (9:37) a été enregistré par le pianiste italien Marco Fumo chez Dynamic CDS 351 (2000). Le CD comprend des œuvres pour le piano de quatre autres compositeurs dont Duke Ellington, James Price Johnson et William Grant Still.
Ci dessous, un extrait du texte d'accompagnement du CD, écrit par Marcello Piras, spécialiste  des compositeurs noirs.
Le premier morceau est l'Ouverture de l'opéra intitulé Treemonisha, que Joplin acheva en 1911. L'orchestration originale a été perdue : celle que l'on utilise de nos jours, a été composée par Gunther Schuller. Joplin publia la partition pour piano et voix de cette œuvre, à compte d'auteur.  L'Ouverture et le Prelude de l'acte III sont très représentatifs du style de l'auteur.  En accord avec les canons de l'écriture opératique, dans l'Ouverture, Joplin combine les thèmes principaux de Treemonisha ; chacun de ces thèmes a un sens symbolique et/ou associé à un personnage, un lieu, ou un épisode précis.  Ce n'est qu'une fois après avoir pris connaissance du livret que l'on peut comprendre les sens caché de l'Ouverture, en effet celle-ci annonce les thèmes de la lutte entre le bien et le mal, de la lutte entre les lumières de la raison et ténèbres de la superstition qui parcourent l'œuvre entière. C'est une thématique qui hanta les dernières années de la vie de Joplin.
Joplin était déjà mort depuis de longues années quand Treemonisha fut finalement montée sous forme de comédie musicale. L'enregistrement de cette création est disponible chez Polygram 435709 (1992).

7 Redécouverte
C'est en 1950, suite à la publication du livre de Rudi Blesh et de Harriet Janis, They All Played Ragtime: The True Story of an American Music chez Alfred Knopf, que s'initia la redécouverte du parcours musical de Scott Joplin. Le livre qui a fait l'objet de deux rééditions depuis, est disponible en livre de poche. La deuxième date importante est 1970, l'année où le célèbre pianiste Joshua Rifkin enregistra les ragtimes pour le piano de Joplin. Il y eut aussi la sortie du film The Sting, avec Robert Redford, dont le morceau principal de la bande originale n'était autre que la musique de The Entertainer. Grâce au film, le morceau fut un grand succès des hit parades. Même Treemonisha connut une gloire tardive : il y eut trois productions différentes de l'œuvre durant les années 1970.
En 1976, année du bicentenaire de l’Indépendance Américaine, une récompense spéciale est attribuée à titre posthume à Scott Joplin, pour sa contribution à la musique américaine.

8 Ressources - Extraits sonores et Biographies

Free-Scores.com www.free-scores.com - Annuaire Mondial de la partition gratuite.

Metronimo.com www.metronimo.com - Megapuzzle - « Début de Original Rags de Scott Joplin ».

The Rag-Time Collection (http://www.kunstderfuge.com/ragtime.htm)

UdeNap.org
www.udenap.org - L'Université de Napierville, Index des extraits sonores avec Maple Leaf Rag par Jelly Roll Morton, le pianiste Créole et française.



Droit d'auteur

Cette page a été mise à jour le 02/08/13